Améliorez votre expression paraverbale et décuplez votre impact à l’oral

Savez-vous ce qu’est la “voix FIP” ? La voix de la radio France Inter Paris… Notamment celle de Simone Hérault, qui a par la suite mis celle-ci au service des annonces sonores de la SNCF ! Cette délicieuse voix FIP… Celle qui peut vous charmer en parlant de musique du monde, et vous désarmer alors que vous vous rendez compte que vous allez encore devoir passer des heures dans les embouteillages !

C’est certainement l’un des exemples les plus significatifs de l’importance de l’expression paraverbale (c’est-à-dire qui concerne l’ambiance sonore, autant la voix que les silences ou encore l’utilisation d’un micro, etc.) : ton, rythme, intensité de la voix – tout ce qui relève du timbre vocal et toutes ces modulations qui donnent du relief au discours, le rendent plus émotionnel.

La fameuse étude de Mehrabian, dont les résultats sont connus comme “loi des 7-38-55”,, estime qu’environ 38% de notre communication est paraverbale (élocution, intonnation, etc.), alors que 55% est non verbale (posture, gestes, expressions du visage) et seulement 7% est verbale (les mots que nous utilisons).

Prendre conscience de son impact vocal et améliorer son expression paraverbale est fondamental. Il est notamment nécessaire de la faire coïncider avec notre expression verbale – ainsi que non verbale. En programmation neuro-linguistique (PNL), on parle plus précisément de congruence : le verbal et le paraverbal sont congruents lorsqu’ils véhiculent le même message.

Par exemple, si vous accueillez quelqu’un avec un “bienvenue…” les bras croisés (signe de fermeture), mou et hésitant (peu d’hospitalité dans la voix), vous n’êtes pas congruent et le message perçu peut même être perçu complètement à l’envers, comme une forme d’ironie, d’attitude désabusée voire hypocrite, en tout cas manquant d’authenticité…

Un autre axe d’amélioration consiste à maîtriser la source profonde de sa voix pour qu’elle vienne de préférence du ventre (“respiration ventrale”) plutôt que de la tête. Cela la rend à la fois plus puissante et plus sereine, important pour les comédiens pour se faire entendre jusqu’au fond du théâtre ou encore pour les professeurs qui doivent asseoir leur autorité. Le rôle du souffle est essentiel ! De même que la précision articulatoire, afin de prononcer les mots correctement.

L’ouvrage de Louis-Jacques Rondeleux Trouver sa voix offre de nombreux et passionants excercices pour apprendre à contrôler sa respiration, enrichir son timbre, élargir son registre vocal. Je vous le recommande vivement si vous souhaitez améliorer votre puissance vocale ! Je le recommande également à tous les curieux, qui découvriront ainsi les mécanismes et fonctionnement insoupçonnés de ce que nous utilisons quotidiennement sans y penser : notre voix !

Voici également un exercice que vous pouvez pratiquer dès à présent : soyez à l’écoute ! Tendez l’oreille, et tentez de percevoir les différences de timbres, les modulations, les intonations, les variations subtiles de volume, de rythme et de débit, les inflexions de la voix de toutes les personnes que vous entendez ou qui parlent autour de vous (dans le bus, au travail… et mêmes les personnages au cinéma…).

Entraînez-vous à repérez autour de vous les personnes dont vous appréciez l’expression paraverbale et essayez de comprendre ce qui la rend agréable… Vous découvrirez très rapidement des pistes intéressantes. Tentez ensuite de reproduire ces aspects vocaux. De même que c’est en forgeant que l’on devient forgeron, c’est en parlant que l’on devient un meilleur orateur !