Comment bien faire rentrer votre message dans la tête de vos auditeurs

Il est très intéressant d’interroger un auditoire quelques jours après une présentation… Le plus souvent, ils ne se souviennent de rien, si ce n’est d’un point de détail différent selon l’intérêt de chacun. C’est pourquoi il revient à l’orateur de prendre l’auditoire par la main, et de s’assurer qu’il retienne bien le message. En vue de vos prochaines prises de parole en public, voici des astuces simples mais terriblement efficaces pour marteler votre message et bien le faire rentrer dans la tête de vos auditeurs.

1. Concentrez votre présentation sur un seul message clé

Un seul ! Le plus dur, c’est de hiérarchiser puis éliminer tous les autres messages que vous souhaitez faire passer, pour n’en sélectionner qu’un seul. Décidez de ce qui est le plus important dans ce que vous allez présenter. C’est l’idée clé. Puis construisez votre présentation autour de cette idée. Il est très tentant d’avoir plusieurs messages clé, mais retenez que plus vous avez d’idées, plus vous diluez la puissance de chacune.

2. Faites de votre idée clé un message simple et concret

Pour avoir un message puissant, commencez par trouver une bonne idée clé. Prenez le temps de créer un message qui est facile à comprendre et à répéter. Recherchez toute chose abstraite ou conceptuelle et tentez de les remplacer par des mots spécifiques, concrets, des images que votre auditoire peut imaginer dans sa tête. Pour cela, vous pouvez notamment utiliser la technique de la photo mentale.

3. Annoncez votre message clé

Vous devez indiquer à l’auditoire de se mettre en alerte et de tendre l’oreille lorsque vous prononcez votre message clé. En une phrase, vous sous-entendrez attention – prêt – écoutez ! Lorsque vous rédigez un texte écrit, vous pouvez mettre en italique, vous pouvez mettre en gras, vous pouvez souligner, etc.

Mais à l’oral, rien de tout cela n’est possible. Il faut donc utiliser les silences comme une forme de “ponctuation orale”, permettant de mettre en relief certains passages. Par exemple, en marquant un petit silence avant de dire quelque chose d’important, afin de créer une attente chez votre public et le préparer à recevoir votre message… Puis marquer un silence après avoir dit cette chose importante, afin de laisser le cerveau de vos auditeurs bien enregistrer et méditer un instant sur le message. Cette utilisation des silences peut sembler un peu théâtrale, mais cela produit toujours un effet redoutable sur le public.

Avec le silence, le seul autre moyen d’annoncer votre message clé consiste à utiliser une phrase qui jouera le rôle de surligneur. Voici des exemples d’annonce combinant les silences (indiqués par la mention [pause] ) et les “phrases-surligneurs” :

  • « Voici ce que vous devez retenir de plus important [pause] … »
  • « Voici ce que je dis à ceux qui critiquent notre entreprise [pause] … »
  • « Le secret d’une bonne gestion d’un restaurant est simple. En résumé, c’est… »
  • « Laissez-moi répéter ce en quoi je crois [pause] … »
  • « Ainsi, mes chers amis/camarades/collègues/compatriotes [pause] … »
  • « Je vous dirai à vous ce que j’ai déjà dit aux membres du club [pause] … »
  • « Je ne sais ce qu’en disent les autres, mais en ce qui me concerne [pause] … »
  • « Je vous réponds en vous disant [pause] … »
  • « Ainsi, mes amis, je vous dis… »

Limitez-vous à un seul message clé par présentation. Ne diluez pas sa puissance.

4. Accordez votre message clé à une image mémorable

Ajouter une image à votre pensée aide à retenir l’idée. Cela étant, assurez-vous que l’image choisie correspond parfaitement à l’idée sous-jacente. Si ce n’est pas le cas, non seulement l’image n’aidera en rien, mais elle distraira de plus l’auditoire qui tentera de déterminer quel est le lien entre les deux. L’image du balai avait par exemple pu être interprétée très différemment… Ajouter des photographies intéressantes mais pas directement liées perturbe l’apprentissage. Les images qui ne correspondent pas à l’idée ne sont que bruit visuel. Par ailleurs, plus puissant qu’une image, n’hésitez pas à utiliser un véritable objet lors de vos présentations, cela produit souvent un effet plus fort encore que faire un dessin (ce qui reste cependant une très bonne technique aussi).

5. Montrez votre message sur une slide, et laissez-le en place

Si vous avez trouvé l’image parfaite pour votre message, combinez-les dans une slide PowerPoint. Cependant… Attention aux usages abusifs de PowerPoint… Si vous n’avez pas d’image suffisamment cohérente, ne mettez pas une image moyenne mais contentez-vous du message sur un fond neutre. Cela donne de la longévité à votre message. Lorsque vous parlez de votre message, laissez la slide derrière vous pendant toute sa durée.

6. Répétez votre message clé

En 1963, Martin Luther King a répété 11 fois qu’il avait un rêve. C’est un discours des plus célèbres de l’histoire, la plupart connaissent cette phrase, mais qui a retenu ce qui suivait ? Un peu comme “Moi, président…” de Francois Hollande… Lui président, et après ? En rhétorique, la répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs phrases successives s’appelle une anaphore. Elle produit un effet d’insistance. Encore faut-il insister sur le message clef, que l’on répète de façon reformulée au fil de l’anaphore.

Au minimum, répétez votre message deux fois, la première fois dans les premières minutes de votre présentation, la seconde dans ses dernières minutes. Vous utiliserez ainsi à votre avantage l’effet de primauté (mieux se souvenir des premiers éléments d’une liste) et de l’effet de récence (mieux se souvenir des dernières informations entendues).

Bien-sûr, vous pouvez aussi répéter votre message dans le corps de votre intervention, soit trois fois en tout. Retenez simplement que les répétitions sont surtout efficaces lorsqu’elles sont suffisamment espacées dans le temps.