De la volonté de puissance… au pouvoir de nuisance ?

« Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque choses, essayez donc de dormir avec un moustique… et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir ! » Par cette remarque, le Dalaï-Lama nous rappelle qu’un seul individu, quelle que soit sa taille ou sa force, peut défier n’importe quel géant. Faut-il comprendre que celui qui brime sa volonté de puissance exacerbe son pouvoir de nuisance ?

Quelqu’un qui a le sentiment de ne pas avoir le contrôle des choses peut se transformer en saboteur. Dans votre entreprise, dans votre association ou même dans votre groupe d’amis ou encore dans votre famille, arrangez-vous pour donner à chacun le sentiment de prendre une part active à l’évolution du groupe. Si une personne se sent brimée, humiliée, rejetée, dénigrée, le risque est qu’elle se retourne contre toute la communauté, ou contre vous en particulier. Ce sera peut-être pour elle la seule façon de réagir : attaquer, voire tout détruire. Le travail du leader est avant tout un travail d’intégration : intégrer tout le monde, et non s’imposer à tous. Faire agir positivement et générer des dynamiques collectives, et non défier, décourager, sanctionner…

A l’inverse, on a parfois le sentiment d’être démuni face à certaines situations. Mais tout n’est pas perdu. Quand on ne peut pas directement rivaliser face à certaines ou face à certaines institutions, on peut encore les déranger, les agacer, leur perdre la tête et le sommeil. A défaut d’avoir la force nécessaire pour les renverser, on peut devenir cette petite bête qui les chatouille, qui les gratouille, et qui revient, sans cesse, par petites touches, par petites piqûres. En politique comme dans bien d’autres domaines : ce n’est pas toujours la taille qui compte…