Je craque ! 13 bonnes raisons de laisser tomber PowerPoint

Arggggggh!!! Les présentations PowerPoint, je craaaquuue!!!

Une bonne résolution pour cette année ? Mettre PowerPoint au placard ! A moins de savoir parfaitement l’utiliser… Mais comme c’est trop peu souvent le cas, oublier les “slides” et réveiller l’orateur qui est en chacun de nous. Devant PowerPoint nous ne sommes plus de véritable orateurs, mais bien souvent de simples lecteurs. L’humain s’écrase face à la technologie, s’oublie devant le numérique, et les présentations sont toujours moins vivantes, chaque fois moins vibrantes

Pour faire vibrer son public, il faut vibrer soi-même ! Et oser se livrer tout entier, sans artifice, sans subterfuge, dans une parole directe, libre et authentique. Voici donc 13 raisons de mettre PowerPoint de côté cette année :

1 – Parce que tout le monde s’y attend. En effet, plus aucune réunion ne semble envisageable sans PowerPoint. Qui doit présenter un projet se doit de le faire à travers sa série de slides. Au début PowerPoint était une vraie nouveauté et permettait de faire preuve de créativité. Connecter sa clef usb, trouver le bon fichier, baisser les lumières et faire défiler : c’est devenu la routine. Si vous voulez marquer votre public, le surprendre : annoncez d’emblée que vous n’avez pas de PowerPoint (ou tout autre système nécessitant une projection) ! Quelqu’un qui se pointe sans support visuel, ça a le mérite d’intriguer : comment va-t-il s’y prendre ? Qu’a-t-il à raconter ? Venez… sans rien. Mais donnez-vous tout entier. Marquez votre différence, affirmez votre personnalité, soyez là où l’on ne vous attend pas.

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2 – Parce qu’il y a toujours des problèmes de connexion, ou en tout cas très souvent. Bien que la plupart des salles de réunion sont équipées d’un système de projection, beaucoup d’autres ne le sont pas. Fallait-il amener son ordinateur ? Est-ce qu’il y a une rallonge ? Pourquoi ma clef usb ne fonctionne pas ? Fallait-il passer par une station blanche ? Pourquoi ce fichier ne s’ouvre pas, ne s’affiche pas, n’est pas pris en charge… ? Sans compter tous les bugs et coupures de courant qui pourront survenir inopinément.

3 – Parce qu’il faut plonger la salle dans le noir si tout le monde veut bien voir. Comme le point précédent, cela demande un contrôle efficient de son environnement : toutes les fenêtres peuvent-elles se fermer ? Ne fera-t-il pas trop chaud (si l’on est en été par exemple) ? Les volets ou rideaux sont-ils suffisamment opaques ? Malgré toutes ces précautions, il suffit qu’un petit rayon de lumière filtre au travers pour gêner l’affichage et la lecture du public, ce dernier ne manquant pas de se plaindre… Or, ce devrait être à l’orateur de s’adapter à son environnement, et non à l’environnement d’être modifié simplement pour se servir de PowerPoint.

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4 – Parce que vous détournerez le regard du public. Tout d’abord, la mise en place du PowerPoint et de la salle nécessitera toute votre attention – alors que vous devriez accorder exclusivement votre attention à votre public : il est important d’établir un fort contact visuel avec le public dès les premières secondes d’une intervention. Ensuite, une fois le PowerPoint correctement lancé et la salle suffisamment plongée dans l’obscurité, ces éléments continueront de capter votre attention : vérifier que tout fonctionne bien, manipuler les commandes pour faire défiler les slides, regarder les slides… Dans l’idéal, il faut connaître sa présentation par cœur, un peu comme un présentateur météo et ne jamais tourner la tête vers les slides mais toujours maintenir le contact visuel avec le public !

5 – Parce que le public détournera son regard de vous. Et, à vrai dire, c’est peut-être ce que certains cherchent inconsciemment. En faisant du PowerPoint l’essentiel d’une présentation, le public se focalise sur les slides et ne nous dévisage plus. Le regard est capté par la lumière, la projection occupe la partie centrale du mur principale de la salle et on reste sur le côté, dans l’obscurité, un peu caché… Du coup on refuse le vrai rôle d’orateur qui nous incombe, alors qu’on devrait soi-même se mettre en scène.

6 – Parce qu’on lit toujours trop ses notes. Se passer complétement de notes écrites est la marque des orateurs de talent. A défaut de notes écrites sur du papier, la tentation est grande d’utiliser PowerPoint comme des notes, et de se reposer dessus slide après slide. Mais personne n’est dupe ! Et tout le monde voit bien que l’orateur lit ses slides, qu’il est incapable d’en décoller, qu’il avance à leur rythme et se permet peu de digressions voire aucune : il est prisonnier des slides, et n’offre pas à ses auditeurs la parole libre qu’ils attendent. J’ai déjà vu un professeur projeter un PowerPoint sur lequel son discours était intégralement rédigé, à la virgule près… même les (fausses) hésitations ! Le public a fini par en rire, mais pas dans le bon sens. PowerPoint a transformé les orateurs en lecteurs. Il faut réapprendre à se passer de toute note et de tout support, et simplement parler et se mettre soi-même en scène, occuper l’espace non par la projection d’images vidéos mais par la puissance de sa voix et les mouvements de son corps !

7 – Parce que le public attend de télécharger le PowerPoint. Si vous distribuez des documents pendant votre intervention, vous verrez que tout le monde va se concentrer dessus et commencer à les lire, à tourner les pages, et, bref, à écouter avec beaucoup moins d’attention ce que vous êtes en train de dire. Pour éviter cela, attendez la fin pour la distribution ! Mais si vous commencez d’emblée avec un PowerPoint présentant avec précision chacune de vos parties et sous-parties de votre exposé, la question va vite se poser : « On pourra prendre la copie sur clef usb ? » Du coup, le public relâche son attention, est plus distrait, moins impliqué, avec la certitude sereine qu’il pourra de toute façon tout récupérer à la fin sur clef usb, et prendre le temps une fois chez lui de revenir sur les points importants et regarder en détail ce qui mérite de l’être (ce qu’il ne fera d’ailleurs presque jamais…). En n’utilisant pas PowerPoint, vous obligez en quelque sorte le public à se concentrer sur que vous dites, vous favorisez une bien meilleure attention de sa part.

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8 – Parce que les slides sont mal construits. Je parle d’expérience : à ce jour, j’ai assisté à – ou plutôt j’ai subi – un peu plus d’un millier de présentation PowerPoint (ce n’est pas tant que ça à vrai dire, ça fait environ 3 présentations par jour pendant un an…). Sur ce millier de présentations PowerPoint, seules DEUX ont vraiment retenu mon attention et ont également plu à l’ensemble du public. Toutes les autres étaient vraiment mal fichues et cumulaient toutes les erreurs classiques avec PowerPoint : slides surchargés d’informations, illisibles, schémas incompréhensibles, animations ringardes… Pour éviter un flop avec PowerPoint, autant ne pas utiliser du tout PowerPoint ! Ou prendre le temps de maîtriser les subtilités de cet art à part entière avec des artistes du genre, comme sur SimpleSlide par exemple ! Vous trouverez également de très bons conseils dans le bouquin de Garr Reynolds Présentation Zen et celui de Nancy Duart Slide:ologie.

9 – Parce que les slides formatent notre pensée. A vouloir faire rentrer toutes nos idées dans des petits slides bien organisés, on finit par en détruire une partie, et à remodeler ce qui reste. De la même manière que les plans-types au lycée et à l’université (en deux ou trois parties et tout autant de sous-parties) conditionnaient notre expression et notre réflexion, PowerPoint façonne un mode de pensée duquel nous finissons par être prisonniers. Certaines idées ne retiennent plus notre attention simplement parce que nous ne voyons pas comment les intégrer dans certains slides. PowerPoint fait des ravages, lire à ce sujet l’ouvrage de Franck Frommer : La pensée PowerPoint – Enquête sur ce logiciel qui rend stupide. Voir aussi Stop au PowerPoint ! Réapprenez à penser et à présenter de Nicolas Berreti.

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10 – Parce qu’il n’y a plus aucune surprise. La succession des images, qui devrait être dynamique, devient souvent lassante et ennuyante. Ce qui caractérise les grands discours, c’est le pouvoir de l’orateur sur son public. C’est lui qui mène la danse. C’est lui qui fixe les repères, donne le ton, pose le rythme. Personne ne regarde sa montre et tout le monde est entraîné dans une sorte de distorsion du temps : un bon discours semble toujours plus court que ce qu’il a véritablement duré ! Comme un bon film ou une pièce de théâtre. Personne ne voit le temps passer. Tandis qu’avec PowerPoint, on peut voir le nombre de slides, et au combien nous en sommes. Le public lassé se met donc à décompter chaque slide, attendant simplement la fin, comme un écolier au regard hagard suivant fébrilement la trotteuse de l’horloge sur le mur de la classe…

11 – Parce que le public devient spectateur passif, alors qu’il devrait être auditeur actif et réactif. Pour toutes les raisons énumérées dans les points précédents, il est clair que le public (autant que l’orateur lui-même !) est beaucoup moins actif lors d’une présentation PowerPoint que lors d’un vrai discours, où l’orateur compose en fonction des réactions du public, qui ne se prive pas de réagir, d’applaudir, de rire ou de crier. Le véritable orateur prend ses libertés avec le texte, improvise, se « lâche », rend son exposé plus vivant, et le public vibre d’autant plus. Avec PowerPoint, l’orateur se cache derrière la projection des slides, il est écrasé, étouffé, et par contrecoup le public attend patiemment, passivement, pur récepteur d’un écran qui s’impose à lui sans aucune interactivité.

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12 – Parce que le pouvoir des mots peut encore terrasser le choc des images ! Oui, votre parole peut avoir plus d’effet que toutes les photos que vous avez sélectionnées. Plutôt que les projeter, pourquoi ne pas s’efforcer de les décrire ? Trouver les mots pour amener tout un chacun à les imaginer ? L’impact en sera décuplé, car chacun fera de votre présentation une expérience personnelle, en y mettant du sien, en réveillant cette magie propre à l’esprit enfantin : celle de l’imagination. L’imagination est souvent plus forte que les images. L’imagination est une forme d’action, tandis qu’une image, une fois donnée, ne force qu’une forme d’acception.

13 – Parce que ce n’est pas vraiment utile. Au fond, si vous connaissez vraiment votre sujet, que vous êtes convaincu de l’intérêt d’en parler, que vous avez de bons exemples, de bonnes anecdotes et de bonnes idées, à quoi bon PowerPoint ? Réfléchissez à ce que PowerPoint peut vraiment apporter en plus, et à ce que vous pouvez vous-mêmes apporter sans PowerPoint. L’humain l’emporte encore sur la technologie, et votre force de conviction, votre énergie et l’expression de votre propre vie pulvérise tous les ordis, toutes les images et tous les effets numériques. Soyez vous-même, soyez vivant, refusez le conformisme PowerPoint et parlez librement : au fond, le public n’attend que ça ! Et il vous en sera reconnaissant.