Trouvez le plan le plus adapté pour votre prochain discours (7 modèles prêts à l’emploi)

Quel plan pour votre prochain discours ? J’ai écrit un article dans lequel je donne une astuce pour improviser un discours en moins d’une minute. Ici, je vais vous montrer quels sont les plans « de base » d’un discours que vous aurez eu le temps de préparer. Le plan d’un discours est extrêmement important dans le sens où il permet d’organiser vos idées. Parlez-vous pour ne rien dire ? Alors soyez certain de vous faire comprendre.

Le discours rhétorique classique

Je n’aborde volontairement pas cette structure, préférant me concentrer dans cet article sur d’autres plus terre à terre. Le voici à titre d’information.

Exorde : donner envie d’écouter

Narration : description plus ou moins objective des faits

Improvisation : improvisation réfléchie, figures de rhétorique, logique et émotion évidemment.

Discussion : le débat réel (juridique, logique)

Péroraison : conclusion partant vers un sentiment amplifié.

Les quatre grands éléments d’un discours

– Une introduction efficace

– Une conclusion pertinente

– Un plan qui aide la compréhension

– Des transitions douces d’un point à un autre

Vous souvenez-vous du lycée, lorsque le professeur vous demandait des rédactions de structure thèse, antithèse, synthèse ? Bienvenue dans le monde adulte, vous pouvez désormais argumenter à 100% dans une direction. Il se trouve que le plus souvent vous parlez pour convaincre -ou devriez, non pour peser le pour ou le contre. Grâce au plan de votre intervention, vous mettez en avant les éléments logiques et structurels de votre intervention, vous ne laissez rien au hasard. La légèreté des exemples donnés est évidemment caricaturale.

Des transitions capitales

Même si n’apprenez pas tout le discours par cœur, apprenez toujours vos transitions par cœur. La plupart des discours possèdent une introduction et une conclusion. Peu sont ceux dotés de transitions. Or c’est grâce aux transitions que vous vous assurez la compréhension de l’auditoire. A l’écrit, les majuscules, la ponctuation, les titres, les mises en gras permettent de jouer ce rôle et de classer les informations. A l’oral, ce sont les pauses et les transitions qui s’en assurent. Exemples :

En conséquence…
C’est pourquoi…
Dans le même ordre d’idées…
Mon troisième point est le suivant : …
Abordons maintenant…
Le deuxième point que j’aimerais aborder avec vous…

La structure en trois parties

C’est la structure utilisée dans les romans, le cinéma, le théâtre. La règle de trois s’insinue partout.

Partie I : La mise en place (le quart de la durée totale)

Partie II : La confrontation (la moitié de la durée totale)

Partie III : La résolution (le quart de la durée totale)

Exemple typique : Le garçon héros de notre histoire rencontre la fille > difficulté, la fille s’éloigne avec un second garçon > le premier garçon est avec la fille in fine pour une fin heureuse.

Deux transitions importantes ont lieu, entre le premier et le deuxième acte, puis entre le deuxième et le troisième. Premier tournant dans l’intrigue : le garçon pensait que la fille était éprise de lui à la vie à la mort, mais il se rend compte qu’elle devient attirée par un autre. Deuxième tournant dans l’intrigue : la fille se rend compte qu’en réalité dans les actes, le premier garçon est le bon.

Cette structure de base est extrêmement efficace, à tel point qu’elle met immédiatement le spectateur d’un film à l’aise. Pourquoi ne pas en faire autant dans votre prochain discours ?

Les différentes structures en trois actes

En utilisant la règle de trois dans vos plans, vous en gagnez tous les bénéfices : compréhension, globalité, rondeur. Vos discours en seront d’autant plus faciles à suivre et à retenir. Voici différentes structures de discours :

Structure #1 : structure basique – Introduction, corps du message et conclusion

La méthode la plus simple. Vous ne savez pas quelle construction donner à votre argumentaire ? Utilisez celle-ci. Vous ne serez sans-doute pas exceptionnel, mais vous ne serez certainement pas mauvais.

Peut-être cette structure vous paraît-elle l’évidence même. Aussi la prochaine fois que vous écouterez des discours, remarquez combien omettent l’introduction et la conclusion. Sans doute le professeur n’étant plus derrière votre dos, vous perdez toute rigueur. Quelles sont les conséquences d’un tel oubli ? Oublier l’introduction, c’est amener l’auditoire à se demander pourquoi il est ici. Oublier la conclusion, c’est amener l’auditoire à se demander pourquoi quelqu’un a voulu faire un discours inutile.

Slide powerpoint 32 une statistique > slide 33 et dernière slide de contenu une autre statistique> slide 34 « Merci » > slide 35 « des questions ? » > … pas de question !

Structure #2 : structure descriptive – De quoi allons-nous parler, parlons-en, voilà de quoi nous avons parlé.

Cette structure repose sur une vérité : plus on entend un message, plus on le retient ! Structure simple sans doute, trop simple peut-être, inutile certainement pas.

1. Introduction : de quoi nous allons parler

2. Corps du message : parlons-en : élaborez votre thème, utilisez peut-être une antithèse de votre thème pour renforcer le message

3. Conclusion : voilà de quoi nous avons parlé, invitation à l’action.

Introduction : « Je vais vous parler de comment mes parents se sont rencontrés et se sont mariés (ou pas) »

Corps : « Après des péripéties je me suis rendu compte d’une chose importante, faire la cour, ça fonctionne ! (ou pas) »

Conclusion : « Ainsi, je vous rappelle que faire la cour fonctionne (ou pas)»

Variante :
Introduction : je vais vous parler du quoi, du qui et du pourquoi de telle chose.

Corps :

– Qu’est-ce que telle chose ?

– Qui a créé, participe, bénéficie de cette chose ?

– Pourquoi cette chose est-elle importante ?

Conclusion : résumé des trois points, demande d’action.

Structure #3 : structure historique – Le passé, le présent, le futur

Cette structure peut être utilisée de deux manières :

– Passé, présent, futur

– Introduction, corps du message (passé, présent, futur), conclusion.

Quelle meilleure persuasion que le discours qui montre une solution pertinente à un problème ?

Exemple 1 :

Passé : « Lorsque mon frère a rencontré Sophie, tout semblait aller pour le mieux dans le monde des bisounours ».

Présent : « Manque de chance, mon frère s’est rendu compte, à 25 ans, qu’il n’était pas le seul homme sur terre à faire la cour aux jolies jeunes femmes. Aujourd’hui, il a l’impression de la perdre ».

Futur : « Si tu fais la cour à cette muse de telle autre façon, mon frère, tu feras d’elle ta femme ! »

Exemple 2 :

Passé : « Mes fiers guerriers, vous êtes ce que la Grèce a enfanté de plus beau ! »

Présent : « Aujourd’hui, l’ennemi est à nos portes. Il s’apprête à détruire nos maisons. Il s’apprête à tuer nos familles. Il s’apprête à piller les richesses créées à la sueur de nos fronts. Allons-nous les laisser faire ? » (la peur et la colère sont d’excellentes motivations).

Futur : « Souvenez-vous de qui vous êtes, vous êtes des lions ! Combattez avec moi, et le monde entier entendra votre nom ! Combattez avec moi, repoussez l’ennemi et nous rentrerons chez nous, fiers d’avoir assuré la sécurité de la Grèce, satisfaits de pouvoir vivre heureux, dans nos famille ! » (l’espoir est aussi une excellente motivation).

Cette structure est efficace en ce qu’elle permet à l’auditoire de suivre ce que vous dites. En revanche, évitez les allers-retours trop répétés entre passé, présent, passé et futur.

Il s’agit aussi de la structure de discours qui permet d’exprimer un processus :

Intro : les origines de telle méthode.

Définition : qu’est la méthode X ?

Corps : d’abord étape A, après cette étape on va à l’étape B, l’étape B réalisée nous amène à l’étape C, puis…

Conclusion : réaffirmez l’importance de la méthode.

Structure#4 : Problème, résolution, exemple

Cette structure est tout particulièrement adaptée pour motiver un passage à l’action.

1. Introduction : description de la situation

2. Corps du message :

a. Problème, résolution, exemple

b. Problème, résolution, exemple

c. Problème, résolution, exemple

3. Conclusion

Cette structure peut former la totalité du discours ou être répétée plusieurs fois au sein d’un discours.

Structure #5 : Plan en trois points (type essay anglais).

Autre structure basique. Limitez-vous aux 3 points les plus importants et persuasifs. Moins, votre document manquera de crédibilité. Plus, vous prenez des risques d’aller de travers.

1. Introduction : énoncer le sujet, le message que vous voulez faire passer, énumérez les trois points.

2. Corps du message :

a. Point 1 (bénéfice, apport au sujet principal)

b. Point 2 (bénéfice, apport au sujet principal)

c. Point 3 (bénéfice, apport au sujet principal), transition vers la conclusion.

3. Conclusion : répétez les points, résumez le message que vous avez voulu faire passer, donnez la nécessité de l’utiliser.

Introduction : « Je vais vous parler de la meilleure façon de draguer, la meilleure façon de draguer est de montrer que vous aimez les papillons »

Corps du message :

(transition : « Pourquoi devrais-je dire que j’aime les papillons ? Ma première raison est )
« Si vous aimez les papillons vous montrez que vous êtes sensibles. Etre sensible plaît aux femmes ».
(transition : « la deuxième qualité d’un papillons est d’être éphémère »)
« Si vous aimez les papillons, vous montrez que vous aimez ce qui est éphémère. Ephémère veut dire qu’elle sait qu’elle pourra passer la nuit avec vous sans devoir vous câliner pendant 3 jours pour calmer vos pleurs du lendemain matin ».
(transition : enfin, dernière raison pour laquelle…)
« Si vous aimez les papillons, vous montrez que vous êtes original et que vous vous foutez d’elle. Elle prendra cela comme un challenge, or les femmes aiment le challenge ».
Conclusion : « Etre sensible, être un homme qui ne pleure pas, être original, en montrant que vous aimez les papillons, vous convoyez tous ces messages. Or ces messages font fondre les femmes. Prochaine rencontre : pensez « papillon » !

Structure #6 : Trois histoires

Cette structure est encore une fois utile pour motiver une ou plusieurs personnes. Lorsque vous racontez une histoire, utilisez la règle de trois. Autre vérité : on retient mieux une histoire qu’une règle abstraite. Une histoire est toujours une bonne idée.

1. Introduction : démarrez fort, présentez le sujet et le message

2. Histoire 1 > point 1

3. Histoire 2 > point 2

4. Histoire 3 > point 3

5. Conclusion : elle doit lier les 3 histoires, les 3 points pour donner force et vigueur à votre message.

Introduction : « La brique et le ciment peuvent vous sauvez la vie »

Histoires :

« Lorsque le grand méchant loup souffla sur la maison de paille, la maison s’effondra et le cochon fut mangé. La paille, ça ne protège pas. »

« Lorsque le grand méchant loup souffla sur la maison de brindilles, la maison s’effondra et le cochon fut mangé. La paille, ça ne protège pas non plus. »

« Lorsque le grand méchant loup souffla enfin sur la maison de brique et de ciment, celle-ci tint. Le troisième cochon resta sain et sauf. »

Conclusion : « Si vous voulez que votre logement soit suffisamment solide pour résister aux éléments, rappelez-vous les trois petits cochons. Oubliez paille et brindilles, pensez brique et ciment. (Et n’oubliez pas la cheminée et la marmite). »

Structure #7 : Le choix d’une solution donnée

Structure de persuasion lorsqu’il s’agit de déterminer une conduite à suivre, via arguments logiques.

– Introduction : mise en place du sujet, il y a un problème et une solution proposée

– Corps du message :

1. Les avantages de cette solution

2. Les inconvénients de cette solution

3. Recommandation : pourquoi les avantages excèdent-ils les inconvénients ?

– Conclusion : reprenez les avantages et répétez la recommandation.

Introduction : « La maison est infestée de souris, nous pensons acheter un chat plutôt que des pièges »

Corps du message :

1. Un chat c’est mignon, un chat c’est sociable, un chat ça miaule tendrement, un chat c’est câlin (parfois), un chat fera plaisir aux enfants. Un chat évite que les enfants ne mettent les doigts dans les pièges.

2. Un chat il faut le nourrir et il sent mauvais, il coûte plus cher.

3. Un chat sera aussi efficace que les pièges ET mettra de la bonne ambiance dans la famille en faisant plaisir aux enfants.

Conclusion : « Le chat a les avantages d’être un chat (faites mieux dans vos discours ;) ), ainsi acheter un chat est plus avisé qu’acheter des pièges ».

D’autres structures pour vos discours ?

Je vous ai donné sept structures pour organiser votre discours. En connaissez-vous d’autres ? Parlez-en sur twitter, mon compte : @CoachEloquence !